Septembre est souvent synonyme de changements : retour à l’école, reprise du travail, nouveaux horaires, nouvelles activités ou simplement retour à un quotidien différent. Ces transitions peuvent être l’occasion de retrouver certains repères, mais aussi de devoir s’adapter à une nouvelle routine.
Après une période où les horaires, les activités et les habitudes ont pu être différents, le retour à un quotidien plus structuré peut demander une période d’adaptation. Pour les enfants et les adolescent·e·s vivant avec le diabète de type 1, cela peut notamment signifier le retour à l’école. Pour les adultes, il peut s’agir de la reprise du travail, des déplacements ou d’un rythme quotidien différent.
Lorsque le quotidien change, la gestion du diabète peut changer aussi. Les horaires des repas, le sommeil, l’activité physique, le stress, les températures et le niveau d’activité peuvent tous influencer la glycémie. Il faut parfois quelques jours ou quelques semaines pour s’adapter à une nouvelle routine.
Les périodes où la routine est différente peuvent aussi permettre de mieux comprendre certains facteurs qui influencent la glycémie : l’effet d’une nuit plus longue, d’une activité physique imprévue, d’horaires de repas différents ou d’un changement dans le rythme quotidien.
Alors, comment aborder cette transition? Voici quelques pistes pour retrouver ses repères avec un peu plus de préparation… et un peu moins de pression.
Le retour à l’école : préparer, sans tout contrôler
Pour les enfants et les adolescent·e·s vivant avec le diabète de type 1, la rentrée peut demander un peu d’organisation supplémentaire. Avant la rentrée, il peut être utile de vérifier que :
- le matériel nécessaire à la gestion du diabète sera disponible en quantité suffisante pour la journée scolaire et facilement accessible (p. ex. insuline, matériel d’injection, fournitures pour le lecteur de glycémie en continu, glucides ou glucagon nasal pour traiter une hypoglycémie);
- les personnes qui doivent connaître les besoins de l’enfant ou de l’adolescent·e ont été informées (p. ex. informations sur l’utilisation du glucagon nasal);
- les coordonnées des parents ou des personnes à contacter sont à jour.
Un plan de soins personnalisé peut également aider à préciser les responsabilités de chacun et la façon dont le diabète sera pris en charge pendant la journée scolaire. Ce plan devrait être élaboré en collaboration avec la famille, l’équipe scolaire et, lorsque cela est pertinent, l’équipe de soins.
Il peut également être utile de préparer une trousse d’urgence contenant le matériel nécessaire pour gérer le diabète à l’école, ainsi que des fournitures de rechange et de quoi traiter une hypoglycémie.
La préparation de la rentrée ne se limite toutefois pas au matériel. Il est également important de discuter avec les personnes qui seront en contact avec l’enfant afin de s’assurer qu’elles savent comment l’accompagner dans la gestion de son diabète. Pour connaître les principaux éléments à prévoir, consultez nos conseils pour bien préparer la rentrée scolaire avec le diabète de type 1.
Selon l’âge et le niveau d’autonomie de l’enfant, le soutien nécessaire peut être très différent. Certains enfants auront besoin d’une supervision importante, tandis que d’autres seront en mesure de gérer une grande partie de leurs soins de façon autonome.
La rentrée peut aussi être l’occasion d’expliquer simplement ce qu’est le diabète de type 1 aux personnes qui entourent l’enfant ou l’adolescent·e (p. ex. professeur, responsable du service de garde, etc.). Cela peut aider à déconstruire certaines fausses croyances et à mieux faire comprendre ce qu’implique la gestion du diabète.
Pour certains enfants et adolescent·e·s, le téléphone cellulaire fait partie intégrante de la gestion du diabète (p.ex. pour suivre les données d’un lecteur de la glycémie en continu). Les règles qui limitent les téléphones cellulaires à l’école peuvent donc soulever des questions. Dans plusieurs provinces, les appareils utilisés pour des raisons médicales peuvent faire l’objet d’une exception. Il est toutefois important de vérifier les règles qui s’appliquent dans votre province et dans l’école de votre enfant. Pour en savoir plus sur l’utilisation du téléphone cellulaire à l’école pour suivre la glycémie, consultez notre article consacré à ce sujet.
Retrouver son rythme… et s’adapter aux changements
Lorsque les horaires de lever, de coucher, des repas ou les niveaux d’activité changent, le retour à une nouvelle routine peut demander une période d’adaptation.
Les changements de sommeil, d’activité physique, de stress, d’horaires et de repas peuvent tous influencer la glycémie. Une journée plus active, un repas pris plus tard ou une nuit plus courte peuvent parfois entraîner des variations différentes de celles observées pendant les vacances.
Lorsque cela est possible, les données du lecteur de la glycémie en continu peuvent aider à repérer certaines tendances et à mieux comprendre l’impact de ces changements sur la glycémie.
Il n’est pas nécessaire de tout changer en même temps. Pour certaines personnes, reprendre progressivement une routine de sommeil plus régulière ou planifier quelques repas à l’avance peut faciliter la transition. Pour d’autres, les habitudes se remettront naturellement en place.
Pour certaines personnes, notamment celles qui vivent avec un TDAH et le diabète de type 1, les difficultés d’organisation, d’attention ou de planification peuvent rendre la transition vers une nouvelle routine plus complexe. Dans ce contexte, adapter les routines à son propre fonctionnement et utiliser des stratégies concrètes peut faciliter la gestion du quotidien.
L’objectif n’est pas de retrouver exactement la routine d’avant, mais de trouver une organisation qui fonctionne pour la nouvelle réalité du quotidien. Une variation de la glycémie inattendue ne signifie pas qu’il s’agit d’un échec. Une période de changement demande parfois simplement une période d’adaptation.
Une transition, sans pression de perfection
Un changement de routine peut s’accompagner de stress, de fatigue et parfois de la pression de vouloir « reprendre le contrôle » ou de tout optimiser en même temps : mieux manger, faire davantage d’activité physique, mieux dormir ou atteindre de nouvelles cibles glycémiques. Rappelez-vous toutefois que de nombreux facteurs influencent la gestion du diabète de type 1 et que les résultats attendus ne sont pas toujours ceux que l’on obtient.
Plutôt que de tout changer en même temps, il peut être plus réaliste de choisir un ou deux éléments sur lesquels se concentrer. Par exemple, retrouver progressivement un horaire de sommeil plus régulier, reprendre une activité physique appréciée ou réorganiser le matériel nécessaire pour la gestion du diabète. Les ajustements concernant les doses d’insuline devraient également être faits progressivement et en fonction des besoins.
Pour certaines personnes, la volonté de « bien faire » peut toutefois prendre beaucoup de place et contribuer à un perfectionnisme dans la gestion du diabète de type 1. La recherche constante de glycémies parfaites peut alors augmenter la charge mentale liée au diabète et rendre le quotidien encore plus exigeant.
Une rentrée réussie ne signifie donc pas que toutes les glycémies sont parfaites. Elle peut simplement signifier qu’on a trouvé, progressivement, des stratégies qui rendent le quotidien un peu plus facile.
Il peut également être utile de se rappeler que certaines préoccupations peuvent parfois devenir envahissantes. Par exemple, une peur de l’hyperglycémie peut pousser certaines personnes à vouloir maintenir leur glycémie toujours plus basse, tandis qu’une peur de l’hypoglycémie peut influencer les décisions quotidiennes et entraîner une vigilance constante. Dans les deux cas, il peut être important de rechercher un équilibre entre la sécurité, les objectifs de santé et la qualité de vie.
Participez à la recherche sur le diabète de type 1
Chaque personne vit avec le diabète de type 1 de façon différente. D’une personne à l’autre, les horaires, les habitudes, les technologies utilisées, les défis rencontrés et les priorités peuvent varier considérablement.
En participant au registre BETTER sur le diabète de type 1, vous contribuez à mener des recherches pour mieux comprendre la réalité des personnes vivant avec le diabète de type 1 au Canada et à faire avancer les connaissances sur des enjeux qui touchent le quotidien.
Le questionnaire prend environ 10 à 15 minutes à remplir. En participant, vous pouvez contribuer à faire entendre la diversité des expériences vécues avec le diabète de type 1 et à orienter les recherches vers les besoins réels des personnes concernées.
Vous vivez avec le diabète de type 1 ou le LADA au Canada? Participez au registre BETTER et contribuez à faire avancer la recherche.
Écrit par : Sarah Haag, Inf. Clinicienne, B.Sc.
Révisé par :
- Rémi Rabasa-Lhoret, M.D., Ph. D.
- Jacques Pelletier, Michel Dostie, patients partenaires du projet BETTER


